Je viens de penser que « la suffisance » est un mot qui ressemble à la simplicité mais qui est en réalité très profond. Combien de fois avons-nous entendu cela de la part du roi Bhumibol Adulyadej ? Mais beaucoup de gens ne comprennent peut-être pas exactement ce que « la suffisance » signifie.



En réalité, l’économie de la suffisance n’est pas qu’un joli mot. C’est un cadre conceptuel très important qui a été instauré en 1974. Il a été prononcé par Sa Majesté lors d’un discours aux étudiants de l’Université Kasetsart, insistant sur l’importance d’avoir une base de « suffisance en ressources, en nourriture, en usage ». À cette époque, la Thaïlande poussait fortement le développement économique, en empruntant à l’étranger pour financer des infrastructures. Mais le revers de cette politique était des problèmes environnementaux et des inégalités de revenus.

La suffisance signifie vivre selon une voie médiane. Ni trop avide, ni trop avare. La base repose sur trois principes fondamentaux : la modération, la raisonnabilité, et un système immunitaire solide. Les deux autres conditions sont la connaissance et la moralité.

Voyons, la modération dans les revenus signifie ne pas être avide, gagner honnêtement, sans nuire à autrui. Quant aux dépenses, elles doivent être adaptées à ses moyens, sans extravagance, sans emprunter aux autres. La raisonnabilité, c’est planifier soigneusement avant d’agir, connaître ses capacités, analyser correctement, et ne pas prendre de décisions impulsives.

Quant au système immunitaire, il s’agit de se préparer à faire face aux changements. Lorsqu’une situation inattendue survient, il faut être suffisamment flexible pour s’adapter, sans tomber malade à cause d’un événement passager.

Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’un an avant la crise financière asiatique de 1997, Sa Majesté avait déjà averti : « Être un tigre n’est pas important, ce qui compte c’est d’avoir une économie de la suffisance en ressources et en nourriture. » Après la crise, le peuple a progressivement compris et adopté ces principes.

Que ce soit les agriculteurs qui pratiquent la rotation des cultures, ou ceux qui investissent dans de petites entreprises avec peu de capital mais de haute qualité, tout cela repose sur la suffisance. En 2006, l’ONU a salué la philosophie de l’économie de la suffisance car elle est en accord avec les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.

Dans notre vie quotidienne, appliquer la suffisance signifie apprendre, acquérir des connaissances, exercer une activité honnête, savoir économiser, planifier ses finances, dépenser avec raison. Avant de faire quelque chose, il faut se renseigner, considérer les conséquences possibles, éviter de prendre des décisions impulsives simplement parce qu’on en a envie.

En réalité, la philosophie de l’économie de la suffisance ne se limite pas à l’agriculture. Tous les secteurs, toutes les industries — de la finance, à l’immobilier, en passant par le commerce et l’investissement international — peuvent appliquer ces principes. En suivant simplement la voie médiane, sans ambition démesurée ni risque excessif, on peut mener une vie stable et durable. Voilà comment faire.
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